La réincarnation

LA  RÉINCARNATION

 

  Coup d'oeil historique sur la théorie des vies successives

 

Antiquité de la croyance aux vies successives : Inde - Perse - Égypte - Grèce - Judée - École néo-platonicienne - Romains - Druides - Moyen Âge.

 


 

L'INDE

 

La doctrine des vies successives ou réincarnation est appelée aussi : palingénésie, de deux mots grec : Palin (de nouveau) et génésis (naissance). Ce qui est remarquable, c'est que, dès l'aurore de la  civilisation, elle a été formulée dans l'Inde avec une précision que l'état intellectuel de cette époque lointaine ne faisait guère présager.

 

En effet, dès la plus haute antiquité, les peuples de l'Asie et de la Grèce ont cru à l'immortalité de l'âme, et, mieux encore, certains se sont préoccupes de savoir si cette âme était crée au moment de la naissance ou si elle existait antérieurement.

 

L'Inde est très probablement le berceau intellectuel de l'humanité, et il est tout à fait remarquable que l'on trouve dans les vedas et la Bhagavad Gita des passages comme celui-ci : "L'âme ne naît ni ne meurt jamais", elle n'est pas née jadis, elle ne doit pas renaître, sans naissance, sans fin, éternelle, antique, elle n'est pas tuée quand on tue le corps.

 

Comment celui qui la sait impérissable, éternelle, sans naissance et sans fin, pourrait-il tuer quelqu'un ou le faire tuer?

 

Comme l'on quitte des vêtements usés pour en prendre de nouveaux, ainsi l'âme quitte les corps usés pour revêtir de nouveaux corps.

 

J'ai eu bien des naissances et toi-même aussi, Arjuna, je les sais toutes, mais toi, tu ne les connais pas.

 


 

La PERSE

 

On trouve dans le mazdéisme, religion de la perse, une conception très haute, celle de la rédemption finale accordée à toutes les créatures, après avoir, toutefois, subi des épreuves expiatoires qui doivent mériter à l'âme humaine son bonheur final.

 

c'est la condamnation d'un enfer eternel qui serait en contradiction absolue avec la bonté de l'auteur de tous les êtres.

 

Pythagore fut le premier qui introduisit en Grèce la doctrine des renaissances de l'âme qu'il avait connue dans ses voyages en Égypte et en Perse.

 

Il avait deux autres doctrines, l'une réservée aux initiés qui fréquentaient les mystères, et une autre destinée au peuple, cette dernière a donné naissance à l'erreur de la métempsycose.

 

Pour les initiés, l'ascension était graduelle et progressive, sans régression dans des formes inférieures, tandis que pour le peuple, peu évolué, on enseignait que les âmes mauvaises devait renaitre dans le corps des animaux, comme l'expose nettement son disciple Timée de Locres, dans le passage suivant : "Ici s'affirment dans la doctrine védique, l'éternité de l'âme et son évolution progressive par des réincarnations multiples qui ont pour objet la destruction de tout désir et de toute pensée de récompense personnelle". En effet, poursuit encore l'instructeur c'est toujours la voix céleste : "Parvenues jusqu'a moi, ces grandes âmes, qui ont atteint la perfection suprême, ne rentrent plus  dans cette vie périssable, séjour des maux".

 

Les mondes retourneront à Brahma, à Arjuna, mais celui qui m'a atteint ne doit plus renaitre.

 


 

LA  PERSE  ET  LA  GRÉCE

 

On trouve dans le Mazdéisme, religion de la Perse, une conception très haute, celle de la rédemption finale accordée à toutes les créatures, après avoir, toutefois, subi des épreuves expiatoires qui doivent mériter à l'âme humaine son bonheur final. C'est la condamnation d'un enfer éternel qui serait en contradiction absolue avec la bonté de l'Auteur de tous les êtres.
Pythagore fut le premier qui introduisit en Grèce la doctrine des renaissances de l'âme qu'il avait connue dans ses voyages en Egypte et en Perse. Il avait deux doctrines, l'une réservée aux initiés qui fréquentaient les Mystères, et une autre destinée au peuple ; cette dernière a donné naissance à l'erreur de la métempsycose. Pour les initiés, l'ascension était graduelle et progressive, sans régression dans des formes inférieures, tandis que pour le peuple, peu évolué, on enseignait que les âmes mauvaises devaient renaître dans le corps des animaux, comme l'expose nettement son disciple Timée de Locres  dans le passage suivant :

C'est par la même raison qu'il faut établir des peines passagères (fondées sur la croyance) de la transformation des âmes (ou de la métempsycose), en sorte que les âmes (des hommes) timides passent (après la mort) dans le corps des femmes, exposées au mépris et aux injures ; les âmes des meurtriers dans le corps des bêtes féroces pour (y recevoir) leur punition ; celles des impudiques dans les porcs et les sangliers; celle des inconstants et des évaporés dans les oiseaux, qui volent dans les airs : celles des paresseux, des fainéants, des ignorants et des fous, dans les formes des animaux aquatiques.

Chez les Grecs, il est tout à fait remarquable qu'Hérodote, en parlant de la doctrine des Egyptiens, ait pressenti la nécessité du passage de l'âme à travers la filière animale, mais en lui attribuant un caractère de pénalité qui a confirmé l'erreur de la métempsycose.
Cependant le "Père de l'Histoire" croyait que les âmes pures pouvaient évoluer dans les autres astres du ciel. Il dit que les hiérophantes de Mithra, chez les Perses, représentaient les transmigrations des âmes dans les corps célestes sous le symbole mystérieux d'une échelle ou d'un escalier avec sept pointes, chacune d'un différent métal, qui figuraient les sept astres auxquels les jours de la semaine étaient dédiés, mais disposés dans un ordre inverse, selon que Celse le rapporte, et comme il suit : Saturne, Vénus, Jupiter, Mercure, Mars, la Lune et le Soleil.
Il y avait donc, dans l'antiquité grecque, deux enseignements, l'un pour la foule, l'autre pour les hommes sages auxquels on révélait la vérité après qu'ils avaient subi l'initiation à de que l'on appelait "les Mystères". Aristophane et Sophocle désignent les Mystères les espérances de la mort. Porphyre disait aussi :

Notre âme doit être au moment de la mort telle qu'elle était durant les mystères, c'est-à-dire exempte de passion, d'envie, de haine et de colère.

On voit quelle était l'importance morale et civilisatrice des Mystères. En effet, on y enseignait secrètement :


1° L'Unité de Dieu;


2° La pluralité des mondes et la rotation de la terre, telle qu'elle fut affirmée plus tard par Copernic et Galilée;


3°La multiplicité des existences successives de l'âme.

Platon adopte l'idée pythagoricienne de la Palingénésie. Il l'a fondée sur deux raisons principales exposées dans le Phédon. La première est que dans la nature, la mort succédant à la vie, il est logique d'admettre que la vie succède à la mort, car, rien ne pouvant naître de rien, si les êtres que nous voyons mourir ne devaient jamais revenir à la vie, tout finirait par s'absorber dans la mort. En second lieu, le grand philosophe se base sur la réminiscence, car, selon lui, apprendre c'est se ressouvenir. Or, dit-il, si notre âme se souvient d'avoir déjà vécu avant de descendre dans le corps, pourquoi ne croirions-nous pas qu'en le quittant elle en pourra animer successivement plusieurs autres?
S'élevant plus haut encore, Platon affirme que l'âme, débarrassée de ses imperfections, qui s'est attachée à la divine vertu, devient en quelque sorte sainte et ne retourne plus sur la terre.
Mais, avant d'arriver à ce degré d'élévation, les âmes retournent pendant mille ans dans le "Hadès" et, lorsqu'elles doivent revenir ici-bas, elles boivent les eaux du Léthé, qui leur enlèvent le souvenir de leurs existences passées.

 


 

L'ÉCOLE NÉO-PLATONICIENNE

 

L'école néo-platonicienne d'Alexandrie enseigna la réincarnation en précisant davantage les conditions pour l'âme de cette évolution progressive. Plotin, le premier de tous, y revient maintes fois dans le cours de ses Ennéades. C'est un dogme, dit-il, de toute antiquité et universellement enseigné que, si l'âme commet des fautes, elle est condamnée à les expier en subissant des punitions dans les enfers ténébreux, puis elle est admise à passer dans un nouveau corps pour recommencer ses épreuves. Dans le livre IX de la deuxième "Ennéade", il précise encore davantage sa pensée dans la phrase suivante : "La providence des Dieux assure, à chacun de nous le sort qui lui convient et qui est harmonique avec ses antécédents selon ses existences successives". C'est déjà toute la doctrine moderne sur l'évolution du principe intelligent s'élevant, par degrés jusqu'au sommet de la spiritualité. Porphyre ne croit plus à la métempsycose, même comme punition des âmes perverses et, suivant lui, la réincarnation ne s'opère que dans le règne humain. Il n'y avait donc pas pour les adeptes de Pythagore et de Platon de peines éternelles. Toutes les âmes devaient arriver à une rédemption finale par leurs propres efforts. C'est là une doctrine éminemment morale, puisqu'elle incite l'homme à s'affranchir volontairement des vices et des passions mauvaises pour se rapprocher progressivement de la source de toutes les vertus.
Jamblique synthétise ainsi la doctrine des vies successives :

La justice de Dieu, dit-il, n'est point la justice des hommes. L'homme définit la justice sur des rapports tirés de sa vie actuelle et de son état présent. Dieu la définit relativement à nos existences successives et à l'universalité de nos vies. Ainsi les peines qui nous affligent sont souvent les châtiments d'un péché dont l'âme s'est rendue coupable dans une vie antérieure. Quelquefois, Dieu nous en cache la raison, mais nous ne devons pas moins l'attribuer à sa justice.

Ainsi donc, suivant lui, ni hasard ni fatalité, mais une inflexible justice règle l'existence de tous les êtres et, si quelques-uns sont accablés d'affliction, ce n'est pas en vertu d'une décision arbitraire de la divinité, mais par une conséquence inéluctable des fautes qu'ils ont commises antérieurement. On verra plus tard que l'Esprit qui revient sur la terre accepte parfois librement de pénibles épreuves, non plus comme châtiment, mais pour arriver plus vite à un degré supérieur de son évolution.
 

 
LA JUDÉE
 
Chez les Hébreux, l'idée des vies antérieures était admise généralement.

Elie, dit l'apôtre saint Jacques, n'était pas différent de ce que nous sommes ; il n'a pas eu un décret de prédestination autre que celui que nous avons nous-mêmes seulement, son âme, quand Dieu l'a envoyée sur la terre, était déjà parvenue à un degré très éminent de perfection, qui lui a attiré, dans sa vie nouvelle, des grâces plus efficaces et plus hautes.

La croyance aux renaissances de l'âme se trouve indiquée d'une manière voilée dans la Bible, mais beaucoup plus explicitement dans les Évangiles, comme il est facile de s'en assurer par les passages suivants.
En effet, les Juifs croyaient que le retour d'Élie sur la terre devait précéder celui du Messie. C'est pourquoi, dans l'Evangile, lorsque ses disciples demandent à Jésus si Élie est revenu, il leur répond affirmativement en disant :

Élie est déjà venu et ils ne l'ont point reconnu, mais ils lui ont fait tout ce qui leur a plu.

Et ses disciples comprirent, dit l'évangéliste, que c'était de Jean qu'il leur parlait.
Une autre fois, ayant rencontré sur leur chemin un homme aveugle de naissance qui mendiait, ses disciples l'interrogèrent sur cet homme : "si c'étaient les péchés qu'il avait commis, ou ceux de ses parents, qui étaient cause qu'il était né aveugle"; ils croyaient donc qu'il avait pu pécher avant que d'être né? Et pourtant Jésus ne relève point une demande si étrange ; et, sans les détromper, comme il semble qu'il n'eût pas manqué de le faire s'ils avaient été dans l'erreur, il se contente de leur répondre :

Ce n'est point que cet homme ait péché, ni ceux qui lui ont donné le jour, mais c'est afin que les oeuvres de la puissance de Dieu éclatent en lui.

Dans l'évangile de saint Jean, un sénateur juif, un Pharisien, Nicodème, demande à Jésus des explications sur le dogme de la vie future. Jésus répond :

En vérité, en vérité, je vous le dis, personne ne peut voir le royaume de Dieu s'il ne naît de nouveau.

Nicodème est bouleversé par cette réponse, parce qu'il la prend dans son sens grossier.

"Comment, dit-il, peut renaître un homme qui est déjà vieux? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère pour renaître une seconde fois?" Jésus reprend : "En vérité, je vous le dis, si un homme ne renaît pas de l'eau et de l'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu ; ne vous étonnez pas de ce que je vous ai dit qu'il faut que vous naissiez de nouveau; l'esprit souffle où il veut, et vous entendez sa voix, mais vous ne savez d'où il vient, ni où il va".
"Comment cela peut-il se faire?"
Jésus lui dit "Quoi, vous êtes maître en Israël et vous ignorez cela".

Cette dernière observation du Christ montre bien qu'il est surpris qu'un maître en Israël ne connaisse pas la réincarnation, car celle-ci était enseignée comme doctrine secrète aux intellectuels de cette époque. Une des preuves que l'on en peut donner, c'est qu'il existait des enseignements cachés aux vulgaires, qui ont été recueillis dans les différents ouvrages qui constituent la Kabbale.

Dans l'enseignement secret réservé aux initiés, on proclamait l'immortalité de l'âme, les vies successives et la pluralité des mondes habités. On trouve ces doctrines dans le Zohar, rédigé par Siméon Ben Jochaï, vraisemblablement vers l'an 121 de notre ère, mais connu seulement en Europe vers la fin du IIIème siècle. D'autre part, la transmigration des âmes, si nous en croyons saint Jérôme, a été longtemps enseignée comme une vérité ésotérique et traditionnelle qui ne devait être confiée qu'à un petit nombre d'élus. Origène admettait comme une nécessité logique la préexistence de l'âme pour expliquer certains passages de la Bible, sans quoi, dit-il, on pourrait accuser Dieu d'iniquité. Ces conceptions, bien que repoussées par les conciles, furent conservées, même dans le clergé, par des esprits indépendants comme le cardinal Nicolas de Cusa, et parmi les philosophes, par les adeptes des sciences secrètes, qui se transmettaient ces traditions sous le sceau du secret.
 

 
LES ROMAINS
 
Parmi les Romains qui puisèrent la plupart de leurs connaissances en Grèce, Virgile exprime clairement l'idée de la Palingénésie en ces termes :

Toutes ces âmes, lorsque pendant mille ans elles ont tourné la roue de cette existence (dans l'Élysée ou le Tartare) Dieu les appelle en nombreux essaims au fleuve Léthé, afin que, privées du souvenir, elles revoient les lieux supérieurs et convexes et commencent à vouloir retourner dans le corps.

Ovide dit aussi que son âme, lorsqu'elle sera purifiée, habitera les astres qui peuplent le firmament, ce qui étend la palingénésie jusqu'aux autres mondes semés dans l'espace.

 


 
LE DRUIDISME
 
 
Les Gaulois, nos ancêtres, pratiquaient la religion des druides et croyaient à l'unité de Dieu et aux vies successives. César dit :

Une croyance qu'ils cherchent toujours à établir, c'est que les âmes ne périssent point et qu'après la mort elles passent d'un corps dans un autre.

Ammien Marcellin rapporte qu'en conformité avec l'opinion de Pythagore, ils affirmaient que les âmes sont immortelles et qu'elles doivent animer d'autres corps. C'est pourquoi, lorsqu'ils brûlaient leurs morts, ils jetaient dans le bûcher des lettres qu'ils adressaient à leurs parents ou à leurs amis défunts, comme si ceux-ci devaient les recevoir et les lire. Les Druides enseignaient qu'il y a trois cycles : 1° celui de Ceugant, qui n'appartenait qu'à Dieu ; 2° celui de Gwynfid ou séjour de bonheur, et 3° celui d'Abri ou cycle des voyages, auquel appartenaient notre terre et les autres planètes. La terre était un lieu de passage pour s'élever vers des mondes supérieurs. L'idée de préexistence, et non de métempsycose, est nettement formulée par le barde Taliésin, lorsqu'il dit : "J'ai été vipère dans le lac, j'ai été couleuvre tachetée sur la montagne; j'ai été étoile, j'ai été prêtre. Depuis que j'ai été pasteur, un long temps s'est écoulé; j'ai dormi dans cent mondes, je me suis agité dans cent cercles".
 

LE MOYEN ÂGE
 
Pendant toute la durée du moyen âge, la doctrine palingénésique resta voilée, car elle était sévèrement proscrite par l'Église, alors toute-puissante; cet enseignement fut confiné dans les sociétés secrètes ou se transmit oralement entre initiés qui s'occupaient des sciences occultes.
 
Sources : Le Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Réagir


CAPTCHA