LA LOI D'ÉGALITÉ


LA LOI D'ÉGALITÉ


Égalité naturelle et inégalité des aptitudes.
Selon la Doctrine Spirite, tous les hommes sont égaux, car (…) tous tendent au même but, et Dieu a fait ses lois pour tout le monde. C’est ainsi que, en créant les Esprits simples et ignorants, Dieu a permis aux hommes, par les multiples existences corporelles, d’atteindre la perfection, en se soumettant aux lois (…) appropriées à la nature de chaque monde et proportionnées au degré d'avancement des êtres qui les habitent.


Ainsi, sur la Terre, tous (…) les hommes sont soumis aux mêmes lois de la nature ; tous naissent avec la même faiblesse, sont sujets aux mêmes douleurs, et le corps du riche se détruit comme celui du pauvre. Dieu n'a donc donné à aucun homme de supériorité naturelle, ni par la naissance, ni par la mort : tous sont égaux devant lui.
Malgré l’égalité parmi les hommes, ils n’ont pas les mêmes aptitudes. Les Esprits Supérieurs nous enseignent que c’est parce que (…) Dieu a créé tous les Esprits égaux, mais chacun d'eux a plus ou moins vécu, et par conséquent plus ou moins acquis ; la différence est dans le degré de leur expérience, et dans leur volonté, qui est le libre arbitre ; de là, les uns se perfectionnent plus rapidement, ce qui leur donne des aptitudes diverses. Dans ce contexte, même si l’Esprit possède une certaine faculté, en vertu du progrès accompli, celle-ci (…) peut, en outre, sommeiller pendant une existence, parce que l'Esprit veut en exercer une autre qui n'y a pas de rapport ; alors, elle reste à l'état latent pour reparaître plus tard.


Le mélange des aptitudes est nécessaire, afin que chacun puisse concourir aux vues de la Providence dans la limite du développement de ses forces physiques et intellectuelles : ce que l'un ne fait pas, l'autre le fait ; c'est ainsi que chacun a son rôle utile. Ainsi, à mesure que l’homme progresse, il devient, selon les desseins de Dieu, un collaborateur de l’oeuvre de la création.
Puis, tous les mondes étant solidaires les uns des autres, il faut bien que les habitants des mondes supérieurs et qui, pour la plupart, sont créés avant le vôtre, viennent y habiter pour vous donner l'exemple. Cependant, le passage des Esprits d’un monde supérieur vers un autre inférieur, n’altère pas les facultés qu’ils ont acquises, car (…) l'Esprit qui a progressé ne rechute point. (KARDEC, Allan. Le Livre des Esprits.)


La venue de ces Esprits de mondes supérieurs vers la Terre peut se faire de façon individuelle ou collective. Individuellement, ils peuvent être identifiés, dans le temps, comme les grands leaders de l’Humanité, dans tous les domaines de la connaissance, bien qu’ils n’aient pas tous atteint de hauts niveaux de progrès moral. Mais collectivement, selon les instructions du plan spirituel, ils sont venus sur la Terre, aux débuts de la Planète, et ont (…) donné naissance à la race symbolisée dans la personne d'Adam, et, pour cette raison, nommée race adamique. Quand elle est arrivée, la terre était peuplée de temps immémorial, comme l'Amérique quand y sont venus les Européens. La race adamique, plus avancée que celles qui l'avaient précédée sur la terre, est en effet la plus intelligente ; c'est elle qui pousse toutes les autres, au progrès. (…) Elle se révèle (…), dès ses débuts, industrieuse, apte aux arts et aux sciences, sans avoir passé par l'enfance intellectuelle, ce qui n'est pas le propre des races primitives (…). Ce fait démontre (…) qu'elle [la race adamique] se composait d'Esprits ayant déjà progressé. (KARDEC, Allan. La Genèse.)

A ce propos, Emmanuel écrit : Il y a de nombreux millénaires, l’une des planètes de Capella [une grande étoile de la constellation du cocher], qui a beaucoup de ressemblances avec le globe terrestre, avait atteint le sommet de l’un de ses grands cycles évolutifs. Les luttes finales d’un long perfectionnement étaient tracées, comme c’est le cas en ce moment pour vous dans les transitions attendues au XX° siècle, dans ce crépuscule de civilisation. Quelques millions d’Esprits rebelles y existaient, sur le chemin de l’évolution générale, freinant la consolidation des dures conquêtes de ces peuples pleins de pitié et de vertus, mais une action de purification générale les a écartés de cette humanité qui avait droit au mérite perpétuel, pour l’édification de leurs travaux d’ordre élevé. Les grandes communautés spirituelles, directrices du Cosmos, ont alors délibéré de déplacer ces entités, endurcies dans le crime, vers cette Terre lointaine, où elles apprendraient à réaliser, dans la douleur et par les travaux pénibles de son environnement, les grandes conquêtes du coeur, tout en encourageant simultanément le progrès de leurs frères inférieurs. (XAVIER, Francisco Cândido. A Caminho da Luz. Par l’Esprit Emmanuel.)


Ainsi, on peut dire que (…) la diversité des aptitudes de l'homme ne tient pas à la nature intime de sa création, mais au degré de perfectionnement auquel sont arrivés les Esprits incarnés en lui. Dieu n'a donc pas créé l'inégalité des facultés, mais il a permis que les différents degrés de développement fussent en contact, afin que les plus avancés pussent aider au progrès des plus arriérés, et aussi afin que les hommes, ayant besoin les uns des autres, comprissent la loi de charité qui doit les unir. (KARDEC, Allan. Le Livre des Esprits.)


L’harmonie du monde ne viendra pas par décrets ou de parlements qui caractérisent leur action par une force excessivement passagère. Nous avons pu observer la désillusion de beaucoup d’hommes d’État et de dirigeants des foules qui défendaient le bien être social, par des processus d’application mécaniques, sans prendre en compte la maturité spirituelle des individus. Ils ont rêvé (…) de l’égalité illimitée des créatures, sans comprendre que, tout en bénéficiant des mêmes droits de travail et d’acquisition devant Dieu, les hommes, par leurs propres actions, sont profondément inégaux entre eux, en intelligence, en vertu, en compréhension et en moralité.


Nous savons qu’il (…) existe une égalité absolue de droits des hommes devant Dieu, qui donne à tous ses enfants les mêmes chances dans les trésors inappréciables du temps. Ces droits sont ceux de la conquête de la sagesse et de l’amour, au cours de la vie, par l’accomplissement du devoir sacré du travail et de l’effort individuel. Voilà pourquoi chaque créature aura son lot de mérites sur les chemins évolutifs. Cette situation constitue, dans les luttes planétaires, une grandiose échelle progressive en matière de raisonnements et de sentiments, où s’élèveront naturellement tous ceux qui mobilisent les ressources de son existence pour le travail édifiant dans l’illumination de soi, dans les expressions sacrées de l’effort individuel. (XAVIER, Francisco Cândido. Le Consolateur. Par l’Esprit Emmanuel)


Inégalités sociales. Égalité de droits entre l’homme et la femme.
1. Inégalités sociales
Les questions sociales préoccupent vivement notre époque. On s'est aperçu que les progrès de la civilisation, l'accroissement énorme de la puissance productive et de la richesse, le développement de l'instruction n'ont pu éteindre le paupérisme, ni guérir les maux du plus grand nombre. Pourtant, les sentiments généreux et humanitaires ne sont pas éteints. Au coeur des foules couvent d'instinctives aspirations vers la justice, comme le sentiment vague d'une société meilleure. On comprend généralement qu'une répartition plus équitable des biens de la vie est nécessaire. De là, mille théories, mille systèmes divers, tendant à améliorer la situation des classes pauvres, à assurer à chacun au moins le strict nécessaire.


Mais l'application de ces systèmes exige de la part des uns beaucoup de patience et d'habileté, de la part des autres un esprit d'abnégation qui fait souvent défaut. Au lieu de cette mutuelle bienveillance qui, en rapprochant les hommes, leur permettrait d'étudier en commun et de résoudre les plus graves problèmes, c'est avec violence et la menace à la bouche que le prolétaire réclame sa place au banquet social ; c'est avec aigreur que le riche se confine dans son égoïsme et refuse d'abandonner aux affamés les moindres bribes de sa fortune. Aussi, le fossé se creuse, et les malentendus, les convoitises, les haines s'accumulent de jour en jour. (DENIS, Léon. Après la Mort.)


La cause du mal et le remède ne sont pas où on les cherche le plus souvent. C'est en vain qu'on s'évertue à créer des combinaisons ingénieuses. Les systèmes succèdent aux systèmes, les institutions font place aux institutions, mais l'homme reste malheureux, parce qu'il reste mauvais. La cause du mal est en nous, dans nos passions, dans nos erreurs. C'est là ce qu'il faut changer. Pour améliorer la société, il faut améliorer l'individu. Pour cela, la connaissance des lois supérieures de progrès et de solidarité, la révélation de notre nature et de nos destinées sont nécessaires, et ces connaissances, la philosophie des Esprits peut seule les donner.
(…) Comme le point de vue change, dès que l'idéal nouveau vient éclairer notre esprit, régler notre conduite ! Riches ou pauvres, convaincus que cette vie n'est qu'un anneau isolé de la chaîne de nos existences, un moyen d'épuration et de progrès, nous attacherons moins d'importance aux intérêts du présent. Dès qu'il sera établi que chaque être humain doit renaître bien des fois en ce monde, passer par toutes les conditions sociales, - les existences obscures et douloureuses étant de beaucoup les plus nombreuses, et la richesse mal employée entraînant d'accablantes responsabilités, - tout homme comprendra qu'en travaillant à l'amélioration du sort des humbles, des petits, des déshérités, il travaille pour lui-même, puisqu'il lui faudra revenir sur terre et qu'il a neuf chances sur dix d'y renaître pauvre.


Grâce à cette révélation, la fraternité et la solidarité s'imposent ; les privilèges, les faveurs, les titres perdent leur raison d'être. La noblesse des actes et des pensées remplace celle des parchemins.
Ainsi envisagée, la question sociale changerait d'aspect ; les concessions entre classes deviendraient faciles, et l'on verrait cesser tout antagonisme entre le capital et le travail. La vérité étant connue, on comprendrait que les intérêts des uns sont les intérêts de tous, et que nul ne doit être la proie des autres. De là, la justice dans la répartition, et, avec la justice, au lieu de rivalités haineuses, une mutuelle confiance, l'estime et l'affection réciproques, en un mot, la réalisation de la loi de fraternité, devenue la seule règle entre les hommes. (DENIS, Léon. Après la Mort.)


Comme on le voit, plusieurs (…) facteurs importants interviennent dans la composition ou l’encadrement du problème [social] (…) desquels se distinguent, par leur généralité, le capital et le travail. Mais, sans considérer un autre facteur, très important, il est impossible de trouver la solution. Le problème social est l’éthique, sans laquelle il ne peut être résolu. Ajoutons, donc, cet autre facteur très important aux premiers et nous aurons la clé de la solution. L’amour : voici le facteur le plus important qui, avec le capital et le travail, forme la trinité de la question. (AGUAROD, Angel. Grandes e Pequenos Problemas.)

Ainsi, on peut dire que les inégalités sociales sont (…) la meilleure preuve de la vérité de la réincarnation, par laquelle chaque esprit a sa position bien définie de régénération et de rachat. (XAVIER, Francisco Cândido. Le Consolateur. Par l’Esprit d’Emmanuel.) Ainsi, ceux qui, par exemple, (…) ont été les plus élevés dans une existence sont abaissés au dernier rang dans une existence suivante, s'ils ont été dominés par l'orgueil et l'ambition. (KARDEC, Allan. L’Évangile selon le Spiritisme.)


D’un autre côté, l’inégalité des conditions sociales n’est pas une loi de nature ; elle est l’oeuvre de l'homme et non celle de Dieu Ainsi, elle disparaîtra un jour, avec (…) la prédominance de l'orgueil et de l'égoïsme ; il ne restera que l'inégalité du mérite. Un jour viendra où les membres de la grande famille des enfants de Dieu ne se regarderont plus comme de sang plus ou moins pur ; il n'y a que l'Esprit qui est plus ou moins pur, et cela ne dépend pas de la position sociale. (KARDEC, Allan. Le Livre des Esprits.)


2. Égalité de droits entre l’homme et la femme
La question sociale n'embrasse pas seulement les rapports des classes entre elles ; elle concerne aussi la femme (…) à laquelle il serait équitable de donner, avec l'exercice de ses droits naturels, une situation digne d'elle, si l'on veut voir la famille plus forte, plus morale, plus unie. (DENIS, Léon. Après la Mort.)
En effet, L'homme et la femme sont égaux devant Dieu et ont les mêmes droits, puisque Dieu a donné à tous les deux l'intelligence du bien et du mal et la faculté de progresser. L’infériorité de la femme dans quelques pays est due à (…) l'empire injuste et cruel que l'homme a pris sur elle. C'est un résultat des institutions sociales, et de l'abus de la force sur la faiblesse. Chez les hommes peu avancés au point de vue moral, la force fait le droit. Remarquons, cependant, que la constitution physique plus faible de la femme par rapport à l’homme a pour but de (…) lui assigner des fonctions particulières. L'homme est pour les travaux rudes, comme étant le plus fort ; la femme pour les travaux doux, et tous les deux pour s'entraider à passer les épreuves d'une vie pleine d'amertume. Ainsi, Dieu a approprié l'organisation de chaque être aux fonctions qu'il doit accomplir. S'il a donné à la femme une moins grande force physique, il l'a douée en même temps d'une plus grande sensibilité en rapport avec la délicatesse des fonctions maternelles et la faiblesse des êtres confiés à ses soins.


Suite à ces enseignements, Kardec demande aux Esprits Supérieurs : une législation, pour être juste, doit-elle consacrer l'égalité des droits entre l'homme et la femme ? Les Esprits ont répondu : Des droits, oui ; des fonctions, non ; il faut que chacun ait une place attitrée ; (…) chacun selon son aptitude. La loi humaine, pour être équitable, doit consacrer l'égalité des droits entre l'homme et la femme ; tout privilège accordé à l'un ou à l'autre est contraire à la justice. L'émancipation de la femme suit le progrès de la civilisation ; son asservissement marche avec la barbarie. (…) puisque les Esprits peuvent prendre l'un et l'autre, il n'y a point de différence entre eux sous ce rapport, et par conséquent ils doivent jouir des mêmes droits. (KARDEC, Allan. Le Livre des Esprits.)


En effet, la (…) femme est un esprit réincarné, porteur d’un bagage considérable d’expériences dans ses archives périspritaux. Combien d’expériences aura-t-elle déjà vécues dans des corps masculins ? Impossible à dire, mais certainement beaucoup, si l’on considère les millénaires d’expérience de l’Humanité sur la Terre. Pour définir la femme moderne, il faut ajouter aux considérations ci-dessus le difficile chemin de l’émancipation féminine. (SOUZA, Dalva Silva. Os caminhos do Amor.)


En résumé, on peut dire que (…) l’homme et la femme, dans l’institut conjugal, sont pour ainsi dire le cerveau et le coeur de l’organisation domestique. Les deux sont porteurs d’une responsabilité égale dans le collège sacré de la famille (…). (XAVIER, Francisco Cândido. Le Consolateur. Par l’Esprit d’Emmanuel.) L’une et l’autre [la femme et l’homme] sont égaux devant Dieu (…) et les travaux réalisés par les deux s’équilibrent sur le chemin de la vie, se complétant parfaitement, pour qu’il y ait, dans toutes les situations, le plus saint respect mutuel. (XAVIER, Francisco Cândido. Boa Nova. Par l’Esprit Humberto de Campos.)


Inégalité des richesses : les épreuves de la richesse et de la pauvreté.
1. Inégalités des richesses
Pour des travaux qui sont l'oeuvre des siècles, l'homme a dû puiser des matériaux jusque dans les entrailles de la terre ; il a cherché dans la science les moyens de les exécuter plus sûrement et plus rapidement ; mais, pour les accomplir, il lui faut des ressources : la nécessité lui a fait créer la richesse, comme elle lui a fait découvrir la science. Cependant, la richesse n’a jamais été répartie également parmi les hommes, et ce fait a toujours inquiété les penseurs de tous les temps.


En analysant cette question, il faut considérer que l’inégalité des richesses n’a pas seulement sa source dans l'inégalité des facultés, qui donne aux uns plus de moyens d'acquérir qu'aux autres. Souvent, l’inégalité dans la répartition des richesses a sa source, comme le disent les Esprits Supérieurs, dans la ruse et le vol. Même la richesse héritée n’est pas exempte de cette origine, car elle a pu être le fruit de la spoliation ou de l’injustice. (KARDEC, Allan. Le Livre des Esprits.) Cependant, on voit par-dessus tout l’action de Dieu, qui distribue aux hommes, à son gré, les biens de la terre qui lui appartiennent, car (…) l'homme n'en est que l'usufruitier, l'administrateur plus ou moins intègre et intelligent. Ils sont si peu la propriété individuelle de l'homme, que Dieu déjoue souvent toutes les prévisions ; que la fortune échappe à celui qui croit la posséder aux meilleurs titres. Vous direz peut-être que cela se comprend pour la fortune héréditaire, mais qu'il n'en est pas de même de celle que l'on acquiert par son travail. Sans aucun doute, s'il est une fortune légitime, c'est celle-là, quand elle est acquise honnêtement, car une propriété n'est légitimement acquise que, lorsque, pour la posséder, on n'a fait de tort à personne. (…) Mais de ce qu'un homme doit sa fortune à lui-même, en emporte-t-il davantage en mourant ? Les soins qu'il prend de la transmettre à ses descendants ne sont-ils pas souvent superflus ? car si Dieu ne veut pas qu'elle leur échoie, rien ne saurait prévaloir contre sa volonté. (KARDEC, Allan. L’Évangile selon le Spiritisme.)
La richesse est un puissant instrument de progrès. Ainsi, (…) Dieu ne veut pas qu'elle reste longtemps improductive, c'est pourquoi il la déplace incessamment. Chacun doit la posséder, pour s'essayer à s'en servir et prouver l'usage qu'il en sait faire ; mais comme il y a impossibilité matérielle à ce que tous l'aient en même temps ; que d'ailleurs, si tout le monde la possédait, personne ne travaillerait, et l'amélioration du globe en souffrirait, chacun la possède à son tour : tel qui ne l'a pas aujourd'hui l'a déjà eue ou l'aura dans une autre existence, et tel qui l'a maintenant pourra ne plus l'avoir demain. Il y a des riches et des pauvres, parce que Dieu étant juste, chacun doit travailler à son tour. (KARDEC, Allan. L’Évangile selon le Spiritisme.)


2. Les épreuves de la richesse et de la misère
Le Spiritisme enseigne que Dieu a donné les richesses et le pouvoir aux uns et la misère aux autres pour (…) les éprouver chacun d'une manière différente. D'ailleurs, vous le savez, ces épreuves, ce sont les Esprits eux-mêmes qui les ont choisies, et souvent ils y succombent.


Il peut paraître étrange que les Esprits choisissent des épreuves douloureuses, comme celle de la misère. En effet, l’homme, sous (…) l'influence des idées charnelles, ne voit dans ces épreuves que le côté pénible ; c'est pourquoi il lui semble naturel de choisir celles qui, à son point de vue, peuvent s'allier aux jouissances matérielles ; mais dans la vie spirituelle, il compare ces jouissances fugitives et grossières avec la félicité inaltérable qu'il entrevoit, et dès lors que lui font quelques souffrances passagères ? L'Esprit peut donc choisir l'épreuve la plus rude, et par conséquent l'existence la plus pénible dans l'espoir d'arriver plus vite à un état meilleur, comme le malade choisit souvent le remède le plus désagréable pour se guérir plus tôt.


Cependant, tant l’épreuve de la misère que celle de la richesse sont difficiles à supporter, car si la (…) misère provoque le murmure contre la Providence, la richesse excite à tous les excès. Néanmoins, le riche possède, d’une façon générale, beaucoup plus de moyens de faire le bien que le pauvre. Mais il ne le fait pas toujours. (…) Il devient égoïste, orgueilleux et insatiable ; ses besoins augmentent avec sa fortune, et il croit n'en avoir jamais assez pour lui seul.


En vérité, (…) l’élévation dans ce monde et l'autorité sur ses semblables sont des épreuves tout aussi grandes et tout aussi glissantes que le malheur ; car plus on est riche et puissant, plus on a d'obligations à remplir, et plus sont grands les moyens de faire le bien et le mal. Dieu éprouve le pauvre par la résignation, et le riche par l'usage qu'il fait de ses biens et de sa puissance.


La richesse et le pouvoir font naître toutes les passions qui nous attachent à la matière et nous éloignent de la perfection spirituelle ; c'est pourquoi Jésus a dit : « Je vous le dis, en vérité, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume des cieux ». (KARDEC, Allan. Le Livre des Esprits.)


Quel est donc le meilleur emploi de la fortune ? cherchez dans ces paroles : « Aimez-vous les uns les autres, » la solution de ce problème ; là est le secret de bien employer ses richesses. Celui qui est animé de l'amour du prochain a sa ligne de conduite toute tracée ; l'emploi qui plaît à Dieu. (…) Riche, donne de ton superflu ; fais mieux : donne un peu de ton nécessaire, car ton nécessaire est encore du superflu, mais donne avec sagesse. Ne repousse pas la plainte de peur d'être trompé, mais va à la source du mal ; soulage d'abord, informe-toi ensuite, et vois si le travail, les conseils, l'affection même ne seront pas plus efficaces que ton aumône. Répands autour de toi, avec l'aisance, l'amour de Dieu, l'amour du travail, l'amour du prochain. (…) La richesse de l'intelligence doit te servir comme celle de l'or ; répands autour de toi les trésors de l'instruction ; répands sur tes frères les trésors de ton amour, et ils fructifieront.


Soulignons que seule la foi inébranlable dans l’avenir – foi que procure le Spiritisme – rendra plus facile l’épreuve de la misère et celle de la richesse. Pour (…) celui qui se place, par la pensée, dans la vie spirituelle qui est indéfinie, la vie corporelle n'est plus qu'un passage, une courte station dans un pays ingrat. Les vicissitudes et les tribulations de la vie ne sont plus que des incidents qu'il prend avec patience, parce qu'il sait qu'ils ne sont que de courte durée et doivent être suivis d'un état plus heureux. Il s'aperçoit alors (…) que grands et petits sont confondus comme les fourmis sur une motte de terre ; que prolétaires et potentats sont de la même taille, et il plaint ces éphémères qui se donnent tant de soucis pour y conquérir une place qui les élève si peu et qu'ils doivent garder si peu de temps. C'est ainsi que l'importance attachée aux biens terrestres est toujours en raison inverse de la foi en la vie future. (KARDEC, Allan. L’Évangile selon le Spiritisme.)



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