MÉDIUMNITÉ ET MÉDIUMS


MÉDIUMNITÉ ET MÉDIUMS

 


Disons d'abord que la médiumnité tient à une disposition organique dont tout homme peut être doué comme de celle de voir, d'entendre, de parler. Il n'en est pas une dont l'homme, en vertu de son libre arbitre, ne puisse abuser, et si Dieu n'avait accordé la parole, par exemple, qu'à ceux qui sont incapables de dire de mauvaises choses, il y aurait plus de muets que de parlants. Dieu a donné à l'homme des facultés ; il le laisse libre d'en user, mais il punit toujours celui qui en abuse.


Si le pouvoir de communiquer avec les Esprits n'était donné qu'aux plus dignes, quel est celui qui oserait y prétendre ? Où serait d'ailleurs la limite de la dignité et de l'indignité ? La médiumnité est donnée sans distinction, afin que les Esprits puissent porter la lumière dans tous les rangs, dans toutes les classes de la société, chez le pauvre comme chez le riche ; chez les sages pour les fortifier dans le bien, chez les vicieux pour les corriger. Ces derniers ne sont-ils pas les malades qui ont besoin du médecin ? Pourquoi Dieu, qui ne veut pas la mort du pécheur, le priverait-il du secours qui peut le tirer du bourbier ? Les bons Esprits lui viennent donc en aide, et leurs conseils qu'il reçoit directement sont de nature à l'impressionner plus vivement que s'il les recevait par des voies détournées. Dieu, dans sa bonté, pour lui épargner la peine d'aller chercher la lumière au loin, la lui met dans la main ; n'est-il pas bien plus coupable de ne pas la regarder ? Pourra-t-il s'excuser sur son ignorance, quand il aura écrit lui-même, vu de ses yeux, entendu de ses oreilles, et prononcé de sa bouche sa propre condamnation ? S'il ne profite pas, c'est alors qu'il est puni par la perte ou par la perversion de sa faculté dont les mauvais Esprits s'emparent pour l'obséder et le tromper, sans préjudice des afflictions réelles dont Dieu frappe ses serviteurs indignes, et les coeurs endurcis par l'orgueil et l'égoïsme.
La médiumnité n'implique pas nécessairement des rapports habituels avec les Esprits supérieurs ; c'est simplement une aptitude à servir d'instrument plus ou moins souple aux Esprits en général. (L’Évangile selon le Spiritisme. Chap. XXIV, item 12.)
Selon Emmanuel, la (…) médiumnité est la lumière qui allait être versée sur toute chair et promise par le Maître Divin aux temps du Consolateur, en cours sur la Terre. (…) Lumière qui brille dans la chair, la médiumnité est un attribut de l’Esprit, patrimoine de l’âme immortelle, élément rénovateur de la position morale de la créature terrestre, enrichissant toutes ses valeurs dans le domaine de la vertu et de l’intelligence, chaque fois qu’elle est liée aux principes évangéliques dans sa trajectoire sur la surface du globe. (XAVIER, Francisco Cândido. O Consolador. Par l’Esprit Emmanuel. Question 382.)
La Médiumnité (poursuit Emmanuel) est un talent du ciel, au service de la rénovation du monde. Une lampe, que nous devons allumer, alimenter avec l’huile de l’humilité, avec laquelle nous devons nourrir la lumière sublime de l’amour, irradier la charité et la compréhension, vers tous ceux qui nous entourent. (XAVIER, Francisco Cândido. Dicionário da Alma. Par divers Esprits. Médiumnité, par l’Esprit Emmanuel.)
D'un autre côté, toute (…) personne qui ressent à un degré quelconque l'influence des Esprits est, par cela même, médium. Cette faculté est inhérente à l'homme, et par conséquent n'est point un privilège exclusif ; aussi en est-il peu chez lesquels on n'en trouve quelques rudiments. On peut donc dire que tout le monde, à peu de chose près, est médium. Toutefois, dans l'usage, cette qualification ne s'applique qu'à ceux chez lesquels la faculté médianimique est nettement caractérisée, et se traduit par des effets patents d'une certaine intensité, ce qui dépend alors d'une organisation plus ou moins sensitive. (Le Livre des Médiums. Chap. XIV, item 159.)

Le médium est ainsi (…) l'être, l'individu qui sert de trait d'union aux Esprits, pour que ceux-ci puissent se communiquer avec facilité aux hommes : Esprits incarnés. Par conséquent, sans médium, point de communications tangibles, mentales, scriptives, physiques, ni de quelque sorte que ce soit. (Le Livre des Médiums. Chap. XXII, item 236.)
Cependant, il faut remarquer que le (…) bon médium n'est donc pas celui qui communique facilement, mais celui qui est sympathique aux bons Esprits et n'est assisté que par eux. C'est en ce sens seulement que l'excellence des qualités morales est toute-puissante sur la médiumnité. (L’Évangile selon le Spiritisme. Chap. XXIV, item 12.)
La mission médiumnique, malgré ses contretemps et ses luttes douloureuses, est l’une des plus belles occasions de progrès et de rédemption accordée par Dieu à ses enfants infortunés. (XAVIER, Francisco Cândido. O Consolador. Par l’Esprit Emmanuel. Question 382.)
Ainsi, les (…) Grands Instructeurs de la Spiritualité utilisent les médiums pour la transmission de messages édifiants, enrichissant le Monde de nouvelles révélations, de conseils et d'exhortations qui favorisent l'intégration définitive aux programmes d’émancipation. La médiumnité peut mener à tout cela si la pensée de Notre Seigneur, plein de fraternité et de sagesse, est la boussole de toutes les réalisations. (PERALVA, Martins. Estudando a Mediunidade. Chap XXIX.)

 

 Donnez gratuitement ce que vous avez reçu gratuitement.
«Donnez gratuitement ce que vous avez reçu gratuitement,» dit Jésus à ses disciples ; par ce précepte il prescrit de ne point faire payer ce que l'on n'a pas payé soi-même ; or, ce qu'ils avaient reçu gratuitement, c'était la faculté de guérir les malades et de chasser les démons, c'est-à-dire les mauvais Esprits ; ce don leur avait été donné gratuitement par Dieu pour le soulagement de ceux qui souffrent, et pour aider à la propagation de la foi, et il leur dit de ne point en faire un trafic, ni un objet de spéculation, ni un moyen de vivre. (L’Évangile selon le Spiritisme. Chap. XXVI, item 2.)
Il découle de ces paroles du Christ que la (…) médiumnité est une chose sainte qui doit être pratiquée saintement, religieusement. S'il est un genre de médiumnité qui requière cette condition d'une manière encore plus absolue, c'est la médiumnité guérissante. Le médecin donne le fruit de ses études, qu'il a faites au prix de sacrifices souvent pénibles ; le magnétiseur donne son propre fluide, souvent même sa santé : ils peuvent y mettre un prix ; le médium guérisseur transmet le fluide salutaire des bons Esprits : il n'a pas le droit de le vendre. Jésus et les apôtres, quoique pauvres, ne faisaient point payer les guérisons qu'ils opéraient. (L’Évangile selon le Spiritisme. Chap. XXVI, item 10.)


Les médiums (…) ont reçu de Dieu un don gratuit, celui d'être les interprètes des Esprits pour l'instruction des hommes, pour leur montrer la route du bien et les amener à la foi, et non pour leur vendre des paroles qui ne leur appartiennent pas, parce qu'elles ne sont pas le produit de leur conception, ni de leurs recherches, ni de leur travail personnel. Dieu veut que la lumière arrive à tout le monde ; il ne veut pas que le plus pauvre en soit déshérité (…). Voilà pourquoi la médiumnité n'est point un privilège, et se trouve partout ; la faire payer, serait donc la détourner de son but providentiel. (L’Évangile selon le Spiritisme. Chap. XXVI, item 7.)
En outre, (…) quiconque connaît les conditions dans lesquelles les bons Esprits se communiquent, leur répulsion pour tout ce qui est d'intérêt égoïste, et qui sait combien il faut peu de chose pour les éloigner, ne pourra jamais admettre que des Esprits supérieurs soient à la disposition du premier venu qui les appellerait à tant la séance. (L’Évangile selon le Spiritisme. Chap. XXVI, item 8.)


Néanmoins, les médiums intéressés (…) ne sont pas uniquement ceux qui pourraient exiger une rétribution fixe ; l'intérêt ne se traduit pas toujours par l'espoir d'un gain matériel, mais aussi par les vues ambitieuses de toute nature sur lesquelles on peut fonder des espérances personnelles ; c'est encore là un travers que savent très bien saisir les Esprits moqueurs et dont ils profitent avec une adresse, une rouerie vraiment remarquable, en berçant de trompeuses illusions ceux qui se mettent ainsi sous leur dépendance. En résumé, la médiumnité est une faculté donnée pour le bien, et les bons Esprits s'éloignent de quiconque prétendrait s'en faire un marchepied pour arriver à quoi que ce soit qui ne répondrait pas aux vues de la Providence. (Le Livre des Médiums, item 306.)


À côté de la question morale se présente une considération effective non moins importante qui tient à la nature même de la faculté. La médiumnité sérieuse ne peut être et ne sera jamais une profession, non seulement parce qu'elle serait discréditée moralement, et bientôt assimilée aux diseurs de bonne aventure, mais parce qu'un obstacle matériel s'y oppose ; c'est une faculté essentiellement mobile, fugitive et variable, sur la permanence de laquelle nul ne peut compter. Ce serait donc, pour l'exploiteur, une ressource tout à fait incertaine, qui peut lui manquer au moment où elle lui serait le plus nécessaire. Autre chose est un talent acquis par l'étude et le travail, et qui, par cela même, est une propriété dont il est naturellement permis de tirer parti. Mais la médiumnité n'est ni un art ni un talent, c'est pourquoi elle ne peut devenir une profession ; elle n'existe que par le concours des Esprits ; si ces Esprits font défaut, il n'y a plus de médiumnité ; l'aptitude peut subsister, mais l'exercice en est annulé ; aussi n'est-il pas un seul médium au monde qui puisse garantir l'obtention d'un phénomène spirite à un instant donné. Exploiter la médiumnité, c'est donc disposer d'une chose dont on n'est réellement pas maître ; affirmer le contraire, c'est tromper celui qui paye ; il y a plus, ce n'est pas de soi-même qu'on dispose, ce sont les Esprits, les âmes des morts dont le concours est mis à prix ; cette pensée répugne instinctivement. (L’Évangile selon le Spiritisme. Chap. XXVI, item 9.)


Tous les hommes ont leur degré de médiumnité, dans toutes les positions évolutives, et cet attribut de l’esprit est à l’aube de nouvelles perceptions de l’homme du futur lorsque, par le progrès de la mentalité du monde, les créatures humaines verront s’élargir la fenêtre étroite de leurs cinq sens.
Actuellement, nous devons cependant reconnaître que, dans le vaste domaine des potentialités psychiques de l’homme, il y a des médiums ayant des tâches précises, précurseurs des nouveaux acquis humains. Sans aucun doute, ces tâches demandent des sacrifices et constituent souvent de dures épreuves ; toutefois, si l’ouvrier cherche la substance évangélique dans l'exécution de ses devoirs, il est un travailleur méritant l’excédent de miséricorde promise par le Maître à tous les disciples de bonne-volonté. (XAVIER, Francisco Cândido. O Consolador. Par l’Esprit Emmanuel. Question 383.)


Même le médium sous une excellente assistance spirituelle (…) ne doit pas négliger sa vigilance, en se rappelant toujours qu’il est une créature humaine, soumise, par cela même, à des oscillations vibratoires, à des pensées et des désirs inadéquats.
Nous devons garder à l’esprit la parole d’Emmanuel : Les médiums ne sont pas des missionnaires dans le sens commun du terme ; ce sont des âmes qui ont échoué désastreusement, qui ont beaucoup contrarié le cours des lois divines et qui rachètent, sous le poids de sévères engagements et de responsabilités illimitées, leur passé obscur et délictueux.
Souvent, leur passé est entaché de graves délits et de tumultueuses erreurs. Lorsque le médium garde la notion de fragilité et de petitesse, par la conviction qu’il n'est qu'une âme en cours de rédemption et de perfectionnement, par le travail et par l’étude, il se prépare certainement au triomphe dans ses luttes d’Esprit Éternel. (PERALVA, Martins. Estudando a

Mediunidade. Chap VII.)
Ainsi, nous pouvons dire que (…) le premier impératif du médium réside dans sa propre évangélisation avant de se livrer aux grandes tâches doctrinales, car autrement, il se heurtera toujours au personnalisme, au détriment de sa mission. (XAVIER, Francisco Cândido. O Consolador. Par l’Esprit Emmanuel. Question 387.)
En résumé, le médium (…) qui surveille sa propre vie, maîtrise ses émotions, cultive les vertus chrétiennes et offre au Seigneur la multiplication des talents qui lui ont été prêtés, préparera, dans le silence de ses douleurs et de ses sacrifices, son chemin d’élévation vers le Ciel. Il pratiquera, sans doute, la médiumnité avec Jésus. (PERALVA, Martins. Estudando a Mediunidade. Chap I.)

 



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